une proposition scénicomatographique de Benoît Bradel
sur une partition texte et son
d’Anne-James Chaton
et une danse de Jung-ae Kim
avec la collaboration de
Valeria Giuga
composition musicale et sonore in situ
Thomas Fernier
avec la collaboration de
Clémentine Bergel
collaboration artistique Sarah Lefèvre
lumières Orazio Trotta
avec Benoît Bradel
Anne-James Chaton
Thomas Fernier
Jung-ae Kim et Valeria Giuga en alternance
Dans Napoli express, le metteur en scène/cinéaste propose à un poète sonore de découvrir
une ville mythique. Le premier, suite à de fréquents voyages, se dit “napolitain d’adoption”
et a fait de Naples son terrain de prédilection et d’inspiration. Le second s’est inventé
la ville au rythme des cartes postales qu’il a reçu du premier.
Au fil de cette expédition épistolaire, ils ont imaginé un voyage qu’ils accompli ensemble. In Situ, ils écrivent deux
partitions, l’une visuelle, l’autre textuelle et sonore où se côtoient divinités d’hier et
d’aujourd’hui au coeur de la cité parthénopéenne. Une muse, étrangère ou autochtone
les rejoint pour effectuer ce voyage extraordinaire. Puis un troisième homme, musicien
et improvisateur se joint à l’ensemble. Alors Napoli express peut être une chanson, un
article, un opéra, un film, un poème, une danse, une sculpture, une tarentelle, un concert
de klaxon, une carte postale, une litanie, une éruption, en douze tableaux
Production : Zabraka,
Centre Chorégraphique National de Montpellier- programme RERC, Les Informelles/Bernardines et actOral.5 /Montévidéo, La Ménagerie de Verre. L’aide à la production du DICRéAM, l’aide au projet de la ville de Paris et avec la participation artistique du Jeune Théâtre National. avec le soutien de l’Institut français de Naples, du Théâtre Garonne, de la Mission Stendhal du Ministère des Affaires Étrangères et des Mécènes du Sud. production déléguée lelabo : Françoise Lebeau, Pierre Reis
Centre Chorégraphique National de Montpellier, résidence d'écriture et de recherche du 14 février au 4 mars 2006 Montévidéo à Marseille, résidence et chantier public dans le cadre des Informelles, du 27 mai au 10 juin 2006 Montévidéo à Marseille, résidence et avant-premières dans le cadre d’actOral.5, les 27 et 28 septembre 2006 la Ménagerie de verre à Paris dans le cadre du Festival «Étrange Cargo», du 6 au 10 mars et du 3 au 7 avril 2007 L’Aire Libre à St Jacques de La Lande, du 14 au 16 mars 2007
14 Mars 2007
Le début du parcours d’une création en cours à Montpellier
Destination « Napoli express »
Etape par étape, Benoît Bradel et Anne-James Chaton entreprennent d’esquisser avec des outils divers, une sorte de portrait visuel et sonore de la ville de
Naples. En résidence au Centre chorégraphique depuis le 14 février, ils montrent demain soir l’avancée de leurs travaux au public.
La création « Napoli express » est encore en pleine construction. Ce projet artistique a poussé avec la passion que Benoît Bradel, metteur en scène et
cinéaste, voue depuis 15 ans à une ville italienne située au pied du Vésuve. Passion qu’il partage à travers des correspondances régulières avec le poète sonore
montpelliérain Anne-James Chaton, qui n’est autre qu’un cousin avec qui il a des affinités artistiques depuis l’enfance : « Je recevais des flashs napolitains sous
forme de cartes postales. Je les ai encore car je conserve tous les courriers que je reçois. Avec les cartes postales, j’anime ma bibliothèque ».
Il a suffi à Benoît Bradel, d’un premier voyage pour que s’enchaînent beaucoup d’autres explorations.« En découvrant Naples, j’ai eu un sentiment très fort. Les sensations que j’avais en me promenant m’étaient familières, comme des souvenirs. À cette époque,
le G7 n’avait pas encore lieu. La ville était un peu à l’abandon, le chaos était plus important ». Cette ville agitée, contrastée, imposante, intense, réputée dangereuse,
a pris une nouvelle fois un artiste dans ses filets. « Naples, pleine de strates, est d’une richesse incroyable, à la fois burlesque et tragique, antique et
contemporaine, avec des personnages extrêmes comme Polichinelle ou Toto. Il y a ce Vésuve présent en permanence. On a l’impression que les Napolitains
vivent toujours en se disant que c’est peut-être le dernier jour » poursuit-il.
Les sonorités et la rumeur résonnant dans « ce théâtre mythique » ont retenu son attention. « Il y a le bruit des klaxons, des scooters, les fanfares, les
gens qui s’interpellent. C’est un orchestre ».
Benoît Bradel a confié à Anne-James Chaton, coutumier du voyage et des matériaux urbains dans ses créations, le soin de concevoir la partition sonore du spectacle,
alors que lui se charge d’élaborer la partie visuelle. « Dans la poésie sonore, le travail textuel n’est pas dissociable de la musique avec laquelle il se
construit. Les notes sont des mots. C’est pour cela qu’on parle de partition » précise Anne-James Chaton qui a pris son premier bain napolitain en juillet 2005. «
J’y suis allé sans Benoît, pour me rendre dans la ville, pour une navigation désordonnée. J’ai écrit, pris des photos et des sons. C’est comme si je captais un tracé
avec ses secousses et ses vibrations ».
Pour dévisager Naples, il faut l’arpenter, la comprendre, l’apprivoiser. Ils se sont immergés à plusieurs reprises afin de délimiter un peu mieux les contours de ce
portrait complexe qu’ils sont en train de bâtir entre ici et là-bas, à la fois historique, littéraire, musical, psychologique…
« Cela ressemblera à un voyage fantastique, à un opéra » tente de définir Benoît Bradel. Nouveau séjour, en tandem cette fois, en janvier 2006 pour préparer
cette résidence de trois semaines aux Ursulines et préciser les directions du travail. « C’est une ville qui a une grande capacité à improviser » note Anne-James
Chaton. « Elle est un peu étouffante, sans brassage. C’est une mère possessive, c’est très compliqué de sortir de son giron » observe Benoît Bradel.
Pour restituer cette densité, ces quartiers et ces mondes qui s’imbriquent et se chevauchent, il fallait bien une pièce protéiforme. Benoît Bradel dit aimer se servir
de matériaux variés pour concevoir ses spectacles, croiser les disciplines et déstabiliser les habitudes acquises par les artistes. Il a constitué une équipe éclectique
en réunissant autour de lui la danseuse coréenne Jung-ae Kim, la danseuse napolitaine Valeria Giuga, la comédienne Marie Dablanc et Sarah Lefèvre en tant
qu’assistante et scénographe. L’équipe est actuellement concentrée sur ses recherches dans le studio Bagouet, occupée à « personnifier » Naples à distance.
A la sortie des Ursulines, il y aura d’autres voyages et de nouvelles résidences. Si demain soir, on pourra voir un instantané de ce chantier fourmillant, il faudra
attendre l’hiver 2007 pour découvrir les visages de la dame, recomposés par six artistes. AL (Mars 2006)