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[ 1999 / 2001 ] ...............................

    mise en scène, images Benoît Bradel
     inventorio d’après John Cage, Erik Satie
       et Marcel Duchamp

       sons Thomas Fernier
       toiles et accessoires Tomasz Zarachowicz
      costumes Caroline Rennequin
     lumières Catherine Verheyde
   Assistant mise en scène Antoine Gaultier
 Administration Yagoutha Belgacem

avec
       Benoît Bradel
                    Ese Brume
                                Marie Dablanc
                                            Victor Gauthier-Martin
                                                          Pierre-Henri Puente

 
Ni hommage, ni commémoration (si chers à notre temps), Cage Circus est une aventure pour explorer les frontières du silence et du bruit, de la musique et des mots, du sens et du non-sens, une proposition polymorphe et circulaire pour faire un dernier petit tour (et puis s’en va) du XXème siècle et de sa modernité, pour changer bruyamment de millénaire à pieds joints, sans filet.

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© Photos : Jacquie Bablet

Production : Zabraka, Théâtre National de Bretagne - Rennes
avec la participation de L’Aire Libre - St-Jacques de la Lande, du Théâtre de la Cité Internationale - Paris, de la MC 93 - Bobigny, de la DRAC Ile-de-France, de l’ADAMI


Création à L’Aire Libre / Festival Mettre en scène
à Rennes , du 9 au 12 novembre 1999.
Théâtre de la Cité Internationale
à Paris, du 15 novembre au 11 décembre 1999.
Théâtre des Bernardines
à Marseille, en mai 2000.
Théâtre Garonne
à Toulouse en décembre 2000.
Théâtre Athénor
à Nantes et Saint-Nazaire, juin 2001.


John Cage au cirque
(...) Le metteur en scène est allé à la bonne école expérimentale de Jean- François Peyret. La scène est un laboratoire, une installation évolutive, où se mêlent joyeusement les signes, les bruits, les formes, les mots et les langues pour produire d’autres sens, inattendus et souvent loufoques. Costumés en drôles d’oiseaux, les acteurs font un petit tour, tentent des trucs et puis s’en vont.
Comme au cirque, ça marche plus ou moins, mais cela vaut ne serait-ce que pour le remake de l’inoubliable tube Porque te vas. Le public est prévenu : “S’il y en a qui veulent dormir ou changer de gradins... Les yeux sont-ils toujours ouverts ?” Duchamp, Satie et Joyce se balancent dans le coin. Conçu sur le mode du happening fantaisiste, où l’action se trouve en grande partie soumise au hasard du live, Cage Circus s’achève sur une interprétation en quatuor du fameux 4’33 : un pied de nez.
Maïa Bouteillet, (novembre 1999)
 


Quel pourrait être l’équivalent sonore d’un ready made - ces objets de la vie courante dont Marcel Duchamp faisait spontanément les oeuvres en y apposant sa signature ? Tel fut le genre de questions que se posa John Cage. Le compositeur y a répondu de multiples façons, ouvrant notre perception du monde et de l’univers sonore qui nous entoure à de nouveaux horizons. Cage avait notamment imaginé une composition qui serait jouée par... douze transistors !
Le spectacle que nous présente Benoît Bradel et la compagnie Zabraka rend compte d’une fascination pour le créateur multiforme que fut John Cage. L’angle d’attaque, volontairement dérisoire, contourne l’écueil du sérieux et de l’hagiographie. En ouverture, un chef d’orchestre qui bouge comme un jouet mécanique donne le ton. Bruits, mouvements empêchés de clowns, objets de toutes sortes que l’on manipule en dehors de leur usage propre... tout ici nous confronte à un monde décalé. Des escabeaux qui grincent, des bouteilles dont le bouchon saute en faisant “pschfuit !” lorsqu’on marche dessus, des pupitres sur lesquels des microsilions on été disposés en guise de partition, le cirque Cage se nourrit de tout ce qui tombe sous la main. Les citations fusent, tirées des écrits d’Erik Satie et de John Cage avec, en clou du spectacle, une interprétation fort réussie du célèbre morceaux 4’33.
Hugues Le Tanneur Aden (décembre 1999)

Cage Circus on tour

Tournant comme les portes d’un grand hôtel, d’immenses paravents laissent entrevoir par instant le rouge des fauteuils de la salle déserte. Avec pour piste un simple cercle de lumière blanche, ce cirque nous met en cage, mais c’est celle de la scène qu’il s’agit.
Au détail près qu’ils portent crêtes hirsutes, jabots et plastrons de plumes colorés, la petite troupe d’artistes semble tout droit sortie d’un vestiaire des années 30. Avec cette bande d’olibrius, le Cage Circus de Benoît Bradel a tout d’une facétieuse conférence d’oiseaux.
Un cirque du non-sens qui se décline en une envolée de numéros déglingués. Le fakir s’allonge sur des bouteilles en plastiques et l’équilibriste tente de réduire au silence des boîtes à vache revêches. Un duo de trapézistes éprouve les vertigineuses profondeurs d’un mobilier de bureau alors qu’un clown DJ scratche à bout de bras un standard de variété des années 70, glissé dans un mange-disques rouge pétard. Tout se joue dans la tendresse complice du décalage. Nous rappelle le facétieux plaisir des spectacles improvisés entre cave et grenier en l’absence des parents. Une juvénile énergie au service d’un exercice de style qui s’amuse à citer Cage, Duchamp et Satie. Nous rappelle cette prémonitoire “musique d’ameublement” qui annonçait avec humour nos musiques d’ascenseurs et d’aéroports. Inventée par Erik Satie, la chose était censée répondre à plusieurs besoins bien réels, celui d’adoucir le bruit des fourchettes pendant les repas entre amis, de combler la lourdeur des silences entre convives, et de leur éviter d’avoir à entendre leurs propres banalités. Sauf l’humour, notre fin de siècle easy listening ne fait rien d’autre que lui rendre raison.
Patrick Sour, Nova Magazine (décembre 1999)

PDF
- Interview de Benoît Bradel -
LA GRIFFE - 9 novembre 1999

PDF
- ETC MONTREAL -
Revue de l'art actuel - 2ème trimestre 2000