mise en scène, images Benoît Bradel
inventorio d’après John Cage, Erik Satie
et Marcel Duchamp
sons Thomas Fernier
toiles et accessoires Tomasz Zarachowicz
costumes Caroline Rennequin
lumières Catherine Verheyde
Assistant mise en scène Antoine Gaultier
Administration Yagoutha Belgacem
avec Benoît Bradel Ese Brume
Marie Dablanc
Victor Gauthier-Martin
Pierre-Henri Puente
Ni hommage, ni commémoration (si chers à notre temps), Cage Circus est une aventure
pour explorer les frontières du silence et du bruit, de la musique et des mots, du sens
et du non-sens, une proposition polymorphe et circulaire pour faire un dernier petit tour
(et puis s’en va) du XXème siècle et de sa modernité, pour changer bruyamment de
millénaire à pieds joints, sans filet.
Production : Zabraka, Théâtre National de Bretagne - Rennes
avec la participation de L’Aire Libre - St-Jacques de la Lande, du Théâtre de la Cité
Internationale - Paris, de la MC 93 - Bobigny, de la DRAC Ile-de-France, de l’ADAMI
Création à L’Aire Libre / Festival Mettre en scène à Rennes , du 9 au 12 novembre 1999.
Théâtre de la Cité Internationale à Paris, du 15 novembre au 11 décembre 1999.
Théâtre des Bernardines à Marseille, en mai 2000.
Théâtre Garonne à Toulouse en décembre 2000.
Théâtre Athénor à Nantes et Saint-Nazaire, juin 2001.
John Cage au cirque
(...) Le metteur en scène est allé à la bonne école expérimentale de Jean-
François Peyret. La scène est un laboratoire, une installation évolutive, où se
mêlent joyeusement les signes, les bruits, les formes, les mots et les langues
pour produire d’autres sens, inattendus et souvent loufoques. Costumés en drôles
d’oiseaux, les acteurs font un petit tour, tentent des trucs et puis s’en vont.
Comme au cirque, ça marche plus ou moins, mais cela vaut ne serait-ce que
pour le remake de l’inoubliable tube Porque te vas. Le public est prévenu : “S’il
y en a qui veulent dormir ou changer de gradins... Les yeux sont-ils toujours
ouverts ?” Duchamp, Satie et Joyce se balancent dans le coin. Conçu sur le
mode du happening fantaisiste, où l’action se trouve en grande partie soumise
au hasard du live, Cage Circus s’achève sur une interprétation en quatuor du
fameux 4’33 : un pied de nez. Maïa Bouteillet, (novembre 1999)
Quel pourrait être l’équivalent sonore d’un ready made - ces objets de la vie
courante dont Marcel Duchamp faisait spontanément les oeuvres en y apposant
sa signature ? Tel fut le genre de questions que se posa John Cage. Le compositeur
y a répondu de multiples façons, ouvrant notre perception du monde et
de l’univers sonore qui nous entoure à de nouveaux horizons. Cage avait
notamment imaginé une composition qui serait jouée par... douze transistors !
Le spectacle que nous présente Benoît Bradel et la compagnie Zabraka rend
compte d’une fascination pour le créateur multiforme que fut John Cage.
L’angle d’attaque, volontairement dérisoire, contourne l’écueil du sérieux
et de l’hagiographie. En ouverture, un chef d’orchestre qui bouge comme un
jouet mécanique donne le ton. Bruits, mouvements empêchés de clowns, objets
de toutes sortes que l’on manipule en dehors de leur usage propre... tout ici
nous confronte à un monde décalé. Des escabeaux qui grincent, des bouteilles
dont le bouchon saute en faisant “pschfuit !” lorsqu’on marche dessus, des
pupitres sur lesquels des microsilions on été disposés en guise de partition, le
cirque Cage se nourrit de tout ce qui tombe sous la main. Les citations fusent,
tirées des écrits d’Erik Satie et de John Cage avec, en clou du spectacle, une
interprétation fort réussie du célèbre morceaux 4’33. Hugues Le Tanneur Aden (décembre 1999)
Cage Circus on tour
Tournant comme les portes d’un grand hôtel, d’immenses paravents laissent
entrevoir par instant le rouge des fauteuils de la salle déserte. Avec pour piste
un simple cercle de lumière blanche, ce cirque nous met en cage, mais c’est
celle de la scène qu’il s’agit.
Au détail près qu’ils portent crêtes hirsutes, jabots et plastrons de plumes colorés,
la petite troupe d’artistes semble tout droit sortie d’un vestiaire des années
30. Avec cette bande d’olibrius, le Cage Circus de Benoît Bradel a tout d’une
facétieuse conférence d’oiseaux.
Un cirque du non-sens qui se décline en une envolée de numéros déglingués.
Le fakir s’allonge sur des bouteilles en plastiques et l’équilibriste tente de
réduire au silence des boîtes à vache revêches. Un duo de trapézistes éprouve les vertigineuses profondeurs d’un mobilier de bureau alors qu’un
clown DJ scratche à bout de bras un standard de variété des années 70, glissé
dans un mange-disques rouge pétard. Tout se joue dans la tendresse complice
du décalage. Nous rappelle le facétieux plaisir des spectacles improvisés
entre cave et grenier en l’absence des parents. Une juvénile énergie au service
d’un exercice de style qui s’amuse à citer Cage, Duchamp et Satie.
Nous rappelle cette prémonitoire “musique d’ameublement” qui annonçait
avec humour nos musiques d’ascenseurs et d’aéroports. Inventée par Erik
Satie, la chose était censée répondre à plusieurs besoins bien réels, celui
d’adoucir le bruit des fourchettes pendant les repas entre amis, de combler la
lourdeur des silences entre convives, et de leur éviter d’avoir à entendre leurs
propres banalités. Sauf l’humour, notre fin de siècle easy listening ne fait rien
d’autre que lui rendre raison. Patrick Sour, Nova Magazine (décembre 1999)
PDF
- Interview de Benoît Bradel - LA GRIFFE - 9 novembre 1999
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- ETC MONTREAL - Revue de l'art actuel - 2ème trimestre 2000