CRÉATION 2017

PATTI LAND – UN TERRITOIRE DES POSSIBLES

1976. Claudine Galea. Patti Smith. L’une a seize ans, l’autre trente.
L’une grandit dans la banlieue de Marseille, l’autre s’émancipe à New-York.
L’une dévore la vie, l’autre la cherche. Et soudain une après-midi, sur la côte Bleue, la rencontre arrive immanquablement. La grâce d’une voix traverse le corps de l’autre. À partir de ce jour une histoire va relier ces deux femmes comme deux âmes sœurs.

2008. Pour le raconter, Claudine Galea invente une pièce radiophonique Les 7 vies de Patti Smith pour France-Culture puis écrit un roman Le Corps plein d’un rêve.

2016. janvier/avril. Dans le cadre du projet Initiales, initié par le TU et le Conservatoire de Nantes, première exploration sur ces matériaux avec Aurore Lebossé, jeune comédienne « en année d’envol » et la collaboration de Micha Derrider, Thomas Fernier et Romain Nail.

2016. mai. Après cette première étape, la compagnie décide de continuer l’aventure et de développer le projet avec une nouvelle équipe de création.

2016. juin. Au Théâtre L’Échangeur à Bagnolet dans le cadre des États Singuliers de l’Écriture Dramatique, lecture à deux voix par Claudine Galea et Benoît Bradel d’une nouvelle adaptation qui transforme le solo en duo, faisant apparaître des figures masculines en arrière-plan.

2016. été. Rencontre déterminante avec Marie-Sophie Ferdane qui apparaît comme l’interprète idéale pour s’emparer du récit des ces deux figures féminines qui traversent les années 70.

2016. automne. Invitation à Seb Martel de composer avec Thomas Fernier une bande sonore pour voix et musique où les figures masculines et fantomatiques qui entourent Patti Smith résonnent avec l’actrice.

2017. printemps. Création d’une performance incandescente, avec microphones, amplis et haut-parleurs, qui dans un grand dénuement, à travers ces portraits croisés et transatlantiques, explore ce qui nous sépare et nous réunit, ce qui nous guide et nous construit, avec l’énergie du rock et la rage de l’adolescence.

 


CLAUDINE GALEA

Qu’elle écrive pour les adultes ou les enfants, que ce soient des romans ou du théâtre, Claudine Galea fait toujours entendre sa petite musique à elle. Douce et obstinée, avec toujours beaucoup de délicatesse, son écriture passe de l’ombre à la lumière, s’attache à son sujet en se jouant des frontières et des catégories.

 


MARIE-SOPHIE FERDANE

Marie-Sophie Ferdane découvre le théâtre pendant l’année de son agrégation de lettres à l’École Normale Supérieure. Diplômée de violon au conservatoire de Grenoble, elle intègre l’E.N.S.A.T.T. à Lyon où elle étudie dans les classes de Nada Strancar et Alain Knapp.

À sa sortie, elle travaille avec Claudia Stavisky, Richard Brunel, puis Christian Schiaretti dans l’Opéra de quat’sous de Brecht dans lequel elle a joué et chanté le rôle de Polly Peachum. Elle joue Bérénice avec Jean-Louis Martinelli aux Amandiers.

Elle entre à la Comédie-Française en 2007 pour y interpréter Célimène dans Le Misanthrope mis en scène par Lukas Hemleb. Elle côtoiera de nombreux metteurs en scène pendant ces cinq années comme Catherine Hiegel, Fausto Paravidino, Jean-Louis Hourdin, Dan Jemmet, etc. avant de rejoindre Laurent Pelly pour jouer Lady Macbeth, et Arthur Nauzyciel pour jouer Nina dans La Mouette de Tchekhov dans la cour d’honneur au Festival d’Avignon.

Récemment, elle joue avec Laurent Poitrenaud dans Argument de Pascal Rambert, au T2G de Gennevilliers puis avec Marc Lainé dans Vanishing Point avec le groupe Moriarty au Théâtre national de Chaillot et à L’Espace Go à Montréal.

L’été dernier, elle lit L’Enfer de Dante pour France-Culture au musée Calvet avec le groupe Syd Matters sous la direction d’Alexandre Plank au Festival d’Avignon.

Pour Philippe Harel et Arte, elle tourne dans l’adaptation du roman de Delphine de Vigan Les Heures souterraines.

 


PATTI & MOI Extraits

(Elle)
J’avais dit Patti. Patti Smith.
C’est elle qui était venue. Qui était là. Depuis longtemps.

(Lui)
C’est une après-midi de printemps, au bord de la Méditerranée, à Ensuès-la-Redonne, un ancien village de pêcheurs, à trente kilomètres de Marseille.

C’est là qu’elle l’entend pour la première fois.

Elle, l’adolescente de seize ans, maigre et timide, entend la voix d’une autre fille maigre qui, à trente ans, avec son premier disque, est devenue une star.

Trente ans plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau.
Et l’adolescente refait surface, son corps aimanté par la voix de la chanteuse, brûlé par le magnétisme de cette voix. Emporté et paralysé. Déchiré. Divisé.

À seize ans, la vie, devant soi, est un vertige.

Cette après-midi de 1976, sur cette partie du littoral qu’on appelle la Côte Bleue, le vertige prend corps avec Patti Smith.

1.
1976. La première fois

J’ai seize ans, elle en a trente.
Elle fait un tabac sur la scène rock,
je vais au lycée.
Elle vit à New York,
j’habite dans la banlieue de Marseille.
Elle est célèbre, a des fans dans le monde entier, je ne suis pas une fan, je n’écoute pas de rock, je n’ai pas d’idole, je ne connais pas le sexe, la drogue, l’alcool, les boîtes de nuits.
Je suis une oie blanche, elle était une star.

1976, seize ans, année du bac de français.
Je suis une fille qui met des sabots et de grands pulls larges, une fille fine, une fille qui fume des gauloises en cachette et qui ne traîne pas dans les bars, une fille qui lit Bernard Noël et Marguerite Duras, une fille qui aimerait faire du piano et qui ne fait pas de piano, qui aimerait danser et qui ne suit pas de cours de danse, une fille qui adore la mer et qui ne sait pas nager, une fille amoureuse de sa prof d’histoire, une fille différente à la maison et au lycée, une fille double, duelle, une fille et puis une autre, et cette autre fille a une copine qui se peint les ongles en noir et qui n’écoute que des groupes anglais, et, un jour, je suis invitée à son anniversaire, un samedi après-midi à Ensuès-la-Redonne sur la Côte Bleue, et derrière les murs il y a la mer, on peut la voir quand on sort, et je sors parce que je n’aime pas vraiment les groupes anglais, et puis à un moment, la belle fille aux ongles noirs met une voix, et cette voix chante Jesus died for somebody’s sins but not mine.


1979
Le dernier concert

Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti Patti What does it mean to have a name
Avoir un nom quel nom
Qu’est-ce que ça change d’avoir un nom
QU’EST-CE QUE JE FAIS
Je ne voulais pas être une chanteuse de rock’n’roll
Je ne voulais pas faire carrière dans le rock’n’roll dans le business
Ce n’est pas ce que j’ai cherché
C’était un geste politique
C’est la dernière fois que je chante My generation
Vous n’êtes plus ma génération you’re a new generation
I don’t Know you and you don’t know me
C’est le dernier concert
Florence Italie l’année 1979
Je suis désolée mais je ne suis pas triste
Being a rock-star is intoxicating but it isn’t enough
Life is beauty Life is grace Life is happiness I’m fond of life
Brian Jones, Jimi Hendrix morts il y a dix ans
Janis Joplin neuf ans
Ce n’est pas ça dont je rêve
D’autres voyages m’appellent
No time to die


TÉLÉCHARGEMENT

Dossier de présentation.

 

 

GÉNÉRIQUE

un projet de Benoît Bradel

une performance musicale
d’après le roman Le corps plein d’un rêve
et la pièce radiophonique Les 7 vies de Patti Smith
de Claudine Galea
auteure associée au Théâtre National de Strasbourg

adaptation
Benoît Bradel
et Claudine Galea

avec
Marie-Sophie Ferdane

guitares et voix
Sébastien Martel
et Thomas Fernier

remerciements
Corine Petitpierre, Sylvie Garot,
Laurent Poitrenaux, Chocolate Genius

Calendrier
. création le 26 avril 2017 dans le cadre du Festival Terres de Paroles en Normandie.
. les 29 et 30 mai 2017 - Festival ZOOM #3 à Théâtre Ouvert, Paris
. 17/18 en construction : Parcours Tout Court à Lorient (septembre), TNS Strasbourg - L’Autre Saison (octobre),
Athénor St-Nazaire (décembre)

production Zabraka coproduction Terres de Paroles avec le soutien de Théâtre Ouvert, Au bout du plongeoir (Rennes), Le Relais (Le Catelier), la Région Île-de-France et de la SPEDIDAM